Sensibiliser sans moraliser : l’art d’engager sans culpabiliser

Dans le domaine de la communication de prévention, nous faisons face à un paradoxe : comment alerter sur des comportements à risque sans braquer les publics ? Comment inciter au changement sans tomber dans le discours moralisateur qui, bien souvent, produit l’effet inverse de celui escompté ?

Quand la morale tue le message

Longtemps, les campagnes de prévention reposaient sur un schéma simple : montrer les conséquences dramatiques d’un comportement pour dissuader de l’adopter. Pourtant, cette approche culpabilisante se heurte à plusieurs écueils psychologiques bien documentés.

Le premier est le phénomène de dissonance cognitive. Face à un message qui remet en cause leurs habitudes, les individus ont tendance à le rejeter plutôt qu’à remettre en question leurs pratiques. Un fumeur confronté à des images chocs sur les paquets de cigarettes développera des mécanismes de défense (« mon grand-père fumait et a vécu jusqu’à 90 ans ») plutôt qu’une réelle prise de conscience.

Le second écueil est l’effet boomerang. Un discours perçu comme moralisateur ou infantilisant peut susciter une réaction de défiance, voire renforcer le comportement qu’on cherche à combattre. C’est particulièrement vrai chez les jeunes publics, pour qui la transgression devient alors un acte d’affirmation identitaire.

Les ressorts d'une communication engageante

Sensibiliser efficacement nécessite alors de changer de posture. Il ne s’agit plus de se placer en position de surplomb moral, mais d’accompagner vers une prise de conscience autonome.

Privilégier l’empathie à la sanction. Plutôt que de stigmatiser les « mauvais » comportements, il s’agit de comprendre ce qui les motive. Prenons le cas concret de l’alcool au volant chez les jeunes conducteurs. Pourquoi un jeune prend-il le volant après avoir bu ? Souvent par pression sociale, par peur de décevoir, par sentiment d’invulnérabilité. En reconnaissant ces mécanismes sans les juger, on ouvre un espace de dialogue.

Valoriser les solutions plutôt que dramatiser les problèmes. Au lieu de multiplier les images de catastrophes, mettons en avant les alternatives concrètes et accessibles. Dans le cadre de notre exemple, un message du type « un véritable ami permet à ses potes de rentrer en toute sécurité après une soirée alcoolisée » engage bien davantage qu’une énième statistique d’accidents mortels.

Donner le pouvoir d’agir. Les individus ne changent durablement leur comportement que s’ils se sentent capables d’y parvenir. Une communication efficace fournit des outils pratiques, des astuces concrètes, et valorise les petits pas plutôt que d’exiger une transformation radicale immédiate.

Le rôle des pairs et de l'identification

L’un des leviers les plus puissants de changement comportemental réside dans l’influence sociale positive. Nous sommes naturellement enclins à nous conformer aux normes de notre groupe de référence.

C’est pourquoi les campagnes qui mettent en scène des pairs plutôt que des figures d’autorité fonctionnent mieux. Toujours dans notre exemple, un jeune influenceur partageant authentiquement comment il gère ses retours de soirées sans mettre ses amis en danger aura infiniment plus d’impact qu’un spot institutionnel.

Cette approche nécessite toutefois d’éviter un autre piège : l’instrumentalisation. Si le public perçoit que les ambassadeurs de la cause ne sont que des porte-voix payés, la crédibilité s’effondre. L’authenticité est la clé : les témoignages doivent résonner avec le vécu des cibles, sans édulcorer ni dramatiser artificiellement.

Du choc émotionnel à l'engagement durable

La tentation est grande, dans la prévention, de recourir à l’appel à la peur. Si cette stratégie peut provoquer un sursaut immédiat, ses effets sont rarement durables. Pire, une exposition répétée à des messages anxiogènes peut conduire à une forme d’accoutumance, voire de déni.

À l’inverse, une communication qui mise sur l’intelligence collective et l’émotion positive inscrit le changement dans la durée. Célébrer les bons réflexes, créer du lien autour de valeurs partagées (l’amitié, la solidarité, le respect), transformer la prévention en opportunité de cohésion sociale plutôt qu’en injonction solitaire.

Adapter le ton au canal et au public

L’art de sensibiliser sans moraliser passe aussi par une fine connaissance des codes de communication de chaque public et de chaque plateforme. Ce qui fonctionne sur LinkedIn ne résonnera pas sur TikTok. Un ton décalé, de l’autodérision, de l’humour peuvent être parfaitement appropriés sur certains réseaux, là où ils sembleraient déplacés dans un contexte institutionnel classique.

L’essentiel est de parler avec les publics et non aux publics. Cela implique d’écouter, de tester, d’ajuster en permanence. Les retours terrain, les échanges avec les communautés, les partenariats avec des acteurs de confiance sont autant de moyens de s’assurer que le message passe sans froisser.

Sensibiliser sans moraliser, c’est accepter de renoncer à la posture confortable de celui qui sait pour adopter celle, plus exigeante, de celui qui accompagne. C’est remplacer la culpabilisation par la responsabilisation, le discours univoque par le dialogue, la peur par l’émulation positive.

Dans une société saturée de messages, où chacun développe des filtres de plus en plus sophistiqués face aux injonctions, cette approche n’est pas seulement plus éthique : elle est aussi, pragmatiquement, bien plus efficace.

Inondations : une campagne de communication 360° pour sensibiliser aux bons réflexes

Nils, Pedro, Ciaran… Les tempêtes se succèdent en France et avec elles, des crues importantes et des inondations qui touchent de nombreux territoires. Les vigilances rouge et orange se multiplient illustrant une réalité : le risque d’inondation s’inscrit dans la durée. Dans ce contexte, la prévention prend tout son sens. Depuis 5 ans, l’agence Entre nous soit dit accompagne l’association Assurance Prévention dans ses campagnes de sensibilisation aux risques naturels, et en particulier au risque d’inondation.

À l’occasion de la Journée nationale de la Résilience du 13 octobre 2025, le baromètre « Les Français face aux risques d’inondation » révélait que 48 % des Français ont déjà été confrontés à une inondation.

Une campagne de communication 360° pour ancrer le message de prévention

Pour installer durablement ce sujet dans l’espace public, l’agence Entre nous soit dit a conçu un dispositif ad hoc.

Un plan média presse ancré dans les territoires

Un publirédactionnel a été conçu par l’agence et diffusé dans la presse quotidienne nationale et régionale, avec des emplacements premium dans Le Parisien et dans la presse régionale (PQR et PHR).

L’objectif : garantir une visibilité forte et qualitative auprès d’un large public concerné sur tous les territoires.

Au total, ce dispositif a permis de toucher 21,9 millions de lecteurs.

Une déclinaison digitale puissante

Le dispositif digital a amplifié la campagne presse à travers 2 leviers complémentaires :

  • Sur les sites de la PQR : un e-publi national permettant de prolonger la lecture du publirédactionnel dans un environnement éditorial local à forte audience.
  • Sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram et LinkedIn) :
    • des carrousels pédagogiques sur les bons réflexes à adopter en cas d’inondation,
    • une vidéo explicative favorisant la pédagogie et la mémorisation des messages.

La campagne digitale a généré 8,8 millions d’impressions, renforçant significativement la portée du message de prévention.

Une étude d’opinion pour nourrir les relations presse

La campagne s’est accompagnée de la diffusion de la 5e édition du baromètre réalisé avec l’institut Toluna Harris Interactive « Les Français face aux risques d’inondation ». Un chiffre marque particulièrement cette édition : 48 % des Français ont déjà été confrontés à une inondation, directement ou via un proche.

Cette étude a nourri l’ensemble de la prise de parole. Les données ont permis de connaitre le niveau d’exposition des Français et d’apporter des angles concrets aux journalistes, avec notamment une exclusivité négociée avec RTL. La déclinaison sur 5 régions (AURA, Bretagne, Hauts-de-France, Occitanie, PACA) a favorisé un traitement éditorial du sujet.

Rendre la prévention concrète : le kit d’urgence en image

Pour accompagner la campagne, un visuel pédagogique du kit d’urgence a été réalisé. Bouteilles d’eau, trousse de secours, radio à piles, lampe torche, papiers d’identité protégés, chargeur portable, denrées non périssables…

Cette mise en scène a permis de transformer une recommandation théorique en geste concret pour faciliter la reprise médiatique et rendre le message immédiatement mémorisable. Préparer un kit d’urgence n’est pas une mesure exceptionnelle : c’est une précaution simple, mais indispensable.

En combinant plan média dans la presse, stratégie digitale, étude d’opinion et relations presse, cette campagne illustre une de nos convictions : la prévention doit s’inscrire dans la durée, avec un travail pédagogique de fond, qui doit être largement partagé et répété.

kit-secu-inondation

Entre nous soit dit se forme à l’intelligence artificielle pour une communication citoyenne responsable

Après une première sensibilisation aux usages concrets de l’intelligence artificielle en 2024, Entre nous soit dit franchi une nouvelle étape grâce au suivi d’une formation pour apprendre à intégrer concrètement l’IA dans le quotidien opérationnel de l’agence, tout en respectant les principes éthiques qui guident son action.

Une adoption progressive de l’IA

 

Grâce à cette nouvelle formation, Entre nous soit dit intègre progressivement des assistants opérationnels basés sur l’intelligence artificielle dans l’ensemble de ses pôles : digital, relations presse, création. Cette démarche vise à renforcer l’efficacité de l’agence tout en préservant l’humain au cœur de ses métiers.

L’objectif de cette montée en compétence ? Libérer du temps pour ce qui compte vraiment : la stratégie, la créativité et l’accompagnement des clients engagés dans des missions d’intérêt général.

Une formation collective pour une transformation maîtrisée


Pilotée par Kirthigan Vijeyakumar, cette session de formation s’est inscrite dans une logique de transformation progressive et responsable. Elle a permis aux équipes de découvrir les possibilités concrètes offertes par l’IA dans leurs pratiques quotidiennes, tout en gardant à l’esprit les exigences propres à la communication citoyenne.

Car si l’IA permet de gagner en agilité, elle soulève également des questions essentielles : comment préserver la singularité des messages ? Comment s’assurer du respect des informations confidentielles fournies par les clients ?

Une approche responsable et sobre de l’intelligence artificielle

Dans le champ de la communication citoyenne, l’intelligence artificielle peut apporter une réelle valeur ajoutée, à condition d’être utilisée avec méthode. Mais ces opportunités s’accompagnent d’une vigilance constante : éviter la standardisation excessive des messages, maintenir une responsabilité éditoriale humaine, garantir la transparence sur l’usage de l’IA.

Chez Entre nous soit dit, l’adoption de l’intelligence artificielle ne se fait jamais au détriment des valeurs fondamentales de l’agence. Les équipes ont été sensibilisées aux multiples enjeux que soulève cette technologie : l’empreinte environnementale des infrastructures IA particulièrement énergivores, les dangers liés aux biais algorithmiques qui peuvent reproduire et amplifier des stéréotypes, les questions de propriété intellectuelle et de droits d’auteur, ou encore les risques de désinformation et de perte d’authenticité.

Cette formation collective marque ainsi une étape importante dans la transformation digitale de l’agence : celle d’une innovation maîtrisée, guidée par une intention juste, une exigence de clarté et une conscience environnementale.

L’IA comme levier, jamais comme substitut


L’intelligence artificielle ne remplacera jamais la relation humaine ni le jugement éditorial. En revanche, bien utilisée, elle peut devenir un précieux levier pour mieux analyser les données, mieux inclure et mieux dialoguer avec les publics.

C’est cette approche que défend Entre nous soit dit aux côtés de ses clients engagés pour l’intérêt général : une communication citoyenne qui s’empare des outils de demain sans renoncer aux exigences d’aujourd’hui.

La campagne « T’inquiète je gère » récompensée aux Social Media Awards

Le comedy club 100 % prévention routière lancé par MMA Assurances, Démotivateur et Entre nous soit dit décroche le bronze dans la catégorie Campagne à impact de l’année.

L’opération « T’inquiète je gère »

Lancée pour les fêtes de fin d’année 2024, la campagne visait à sensibiliser les jeunes aux dangers de l’alcool et des drogues au volant. Pour cela, un partenariat inédit a été initié avec Demotivateur et cinq humoristes de talent – Roman Doduik, Elies Zoghlami, Cabcab, Léandre et Nina Azoulai – ont été réunis lors d’une soirée stand-up.

Dans une approche combinant divertissement et prévention, ils ont partagé leurs expériences personnelles et délivré des conseils pour passer les fêtes en toute sécurité. Sans donner de leçons, leurs sketchs ont su toucher juste en rappelant une évidence : faire la fête et rentrer en sécurité ne sont pas incompatibles.

Un message d’autant plus crucial que 29 % des accidents mortels sont liés à l’alcool, et que les 18-24 ans représentent 22 % de ces accidents alors qu’ils ne constituent que 8 % de la population française.

Une reconnaissance qui valide l’innovation

Ce prix bronze aux Social Media Awards 2025 confirme qu’on peut parler de sujets sérieux avec légèreté, sans sacrifier l’impact du message. Pour sensibiliser efficacement, parfois mieux vaut faire rire que faire peur.

Chez Entre nous soit dit, nous sommes fiers d’avoir contribué à cette belle réussite et d’avoir porté ce message essentiel : celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas.

Retrouvez les autres finalistes des Social Media Awards.

L’impact de l’intelligence artificielle sur la communication citoyenne

L’impact-de-l’intelligence-artificielle-sur-la-communication-citoyenne-ENSD

Il y a encore quelques années, l’intelligence artificielle semblait réservée à la science-fiction ou aux laboratoires de recherche. Aujourd’hui, elle fait partie de notre quotidien professionnel.

Génération de visuels en un clic, rédaction de textes en quelques secondes, automatisation des réponses aux usagers, imitation de nos codes culturels… elle transforme à grande vitesse les pratiques de communication.

Mais dans le champ de la communication citoyenne, où les messages ont vocation à informer, mobiliser ou sensibiliser autour de l’intérêt général, cette évolution soulève des questions spécifiques.

IA et communication citoyenne : quelles possibilités ?

Les usages de l’intelligence artificielle se multiplient, et certains sont déjà bien installés dans les dispositifs publics et citoyens. Utilisée avec méthode, l’IA peut renforcer la portée, la clarté et la fluidité de certaines campagnes d’intérêt général.

  • Fluidifier la relation avec les usagers : les collectivités commencent à intégrer des chatbots IA capables de répondre à des questions simples 24h/24. Ce type d’outil, bien paramétré, peut améliorer l’accessibilité des services publics, désengorger des standards et faciliter la circulation de l’information pratique.
  • Adapter les messages aux publics : grâce à la génération automatisée de contenus, il est aujourd’hui possible de décliner une campagne sous plusieurs angles, formats et registres. Cela permet de parler à chacun dans ses codes, une approche particulièrement utile pour les campagnes intergénérationnelles ou multicibles.
  • Favoriser l’inclusivité : l’IA peut contribuer à rendre un message plus lisible : rédaction en langage clair, traduction multilingue, synthèse audio ou visuelle, conversion en formats accessibles (FALC, sous-titrage automatique, etc.).

Quand les trends s’en mêlent

L’IA ne se contente pas de produire du contenu : elle imite, détourne et invente des formats visuels inspirés de la pop culture.

Ces contenus viraux occupent une place croissante sur les réseaux sociaux. Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation ou de mobilisation, ils peuvent contribuer à accrocher un public jeune, à désacraliser une institution ou à rendre un sujet plus vivant. Mais leur usage doit rester cohérent avec le fond et ne jamais détourner l’objectif initial : informer, mobiliser, engager, de manière juste et responsable.

Cette souplesse algorithmique peut aussi conduire à des dérives : standardisation des messages, avec une perte de nuance ou de contexte, ou effet de mode qui l’emporte sur le fond : on suit une tendance parce qu’elle fonctionne, sans se demander si elle est pertinente pour le sujet traité.

Des exigences spécifiques en communication citoyenne

Au-delà de la forme, les usages de l’IA interrogent sur le champ de la communication citoyenne :

  • Banalisation et standardisation des messages : produire vite, c’est bien, mais attention à ne pas produire trop lisse, trop générique, trop prévisible. Le sens d’un message d’intérêt général ne peut pas être confié à une machine seule.
  • Opacité et confiance : un contenu généré (même partiellement) par IA doit rester identifiable. Le public attend de la transparence, notamment lorsqu’il s’agit d’une prise de parole publique. L’IA ne doit pas se substituer à la responsabilité éditoriale.
  • Gestion des données : de nombreux outils IA utilisent des données de navigation ou de comportement. Le respect du RGPD et la sécurisation des données doivent être garantis, en particulier dans les campagnes de service public.

Une approche responsable et durable

Chez Entre nous soit dit, nous sommes convaincus que les outils d’intelligence artificielle peuvent enrichir les stratégies de communication citoyenne à condition de rester au service du sens, de l’éthique et de la transparence. Nous les utilisons de manière raisonnée, en privilégiant des usages à forte valeur ajoutée : ceux qui permettent de mieux informer, mieux inclure, mieux dialoguer.

Mais innover implique aussi d’assumer notre responsabilité. L’IA, avec ses puissances de calcul et ses volumes de données, mobilise une infrastructure énergivore. Nous sommes donc attentifs à son empreinte environnementale et favorisons une approche sobre du numérique, centrée sur les besoins réels des publics.

L’IA ne remplacera jamais la relation humaine, mais elle peut en devenir un levier si elle est guidée par une intention juste, une exigence de clarté et une conscience environnementale. C’est cette approche que nous défendons chaque jour, aux côtés de celles et ceux qui œuvrent pour l’intérêt général.

Retour sur le Meta Marketing Summit 2025

Retour-sur-le-Meta-Marketing-Summit-2025

Le 3 avril dernier, le pôle digital d’Entre nous soit dit était au Grand Rex, lors du Meta Marketing Summit 2025, aux côtés de 2 000 professionnels – agences, annonceurs, créateurs, entrepreneurs – venus écouter, s’inspirer et partager autour des grandes tendances du marketing digital. Une soirée rythmée par 8 conférences et un fil rouge évident : la vidéo.

« Sans vidéo, sans reach, pas d’impact »

Cette phrase entendue sur scène résume à elle seule le virage amorcé par les plateformes de Meta. La vidéo n’est plus un format parmi d’autres, c’est devenu le socle de toute stratégie de communication.

Mais si la vidéo s’impose, elle ne s’impose pas n’importe comment. Les temps de visionnage raccourcissent, les utilisateurs scrollent plus vite, l’attention est plus fragmentée que jamais. Pour répondre à ce défi, Meta encourage une stratégie fondée sur l’attention cumulée : mieux vaut capter l’audience plusieurs fois quelques secondes qu’une seule fois longuement.

Un modèle validé par la science : Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie, rappelle que « la durée d’une expérience n’a pas d’impact significatif sur sa mémorisation ». Autrement dit, un contenu court, s’il est émotionnellement fort, peut être plus mémorable qu’une vidéo longue. Et c’est précisément là que réside l’opportunité : faire passer un message citoyen par l’émotion, et non par la démonstration.

Des formats courts et incarnés

Pierre Engélibert Charbit, Strategic Planning Lead chez Meta, évoque le concept de « coup de foudre digital » : des contenus courts, répétés, bien formatés. Mais surtout, des contenus qui touchent.

L’émotion est le vecteur principal de l’engagement. Que ce soit la gourmandise, la nostalgie ou l’envie d’évasion : provoquer une réaction sensible, c’est provoquer une connexion. C’est ce qu’ont brillamment démontré Charlotte Duplantier (Mondelēz International) et Stéphanie Catarino (Groupe Clarins), en expliquant comment elles mêlent contenus TV, UGC et publications de créateurs pour construire des campagnes complètes et cohérentes.

Collaborer avec des créateurs : miser sur l’authenticité

Les créateurs ne sont plus de simples relais de marque. Le message est clair : les marques doivent désormais co-construire leurs récits avec les créateurs de contenu. Car ce sont eux qui, au quotidien, écrivent les nouveaux codes de la culture numérique.

 Alexandra Chabanne, CEO de GroupM, l’a très bien résumé : « Les créateurs de contenu sont ceux qui écrivent la culture dans laquelle on évolue. »

Et comme le souligne le réalisateur/créateur de contenu Frederico Stauffer, leur donner carte blanche, c’est leur permettre d’interpréter un message avec leur ton, leur regard, leur sincérité.

Le résultat : des campagnes plus authentiques, plus crédibles, plus engageantes.

IA, Ray-Ban Meta : vers de nouveaux usages

Au-delà de la vidéo, le Meta Marketing Summit a aussi levé le voile sur les prochaines révolutions du contenu. Les Ray-Ban Meta, lunettes connectées permettant de filmer à la première personne, s’imposent comme une nouvelle porte d’entrée vers des formats plus immersifs. Depuis les JO 2024, des créateurs les utilisent pour produire du contenu à hauteur de regard, dans l’instant. Avec pour ambition de réinventer le storytelling, du point de vue utilisateur.

Ce que cela signifie pour la communication citoyenne

Chez Entre nous soit dit, nous travaillons chaque jour à faire passer des messages d’intérêt général à travers des campagnes de communication sur la sécurité routière, l’éducation financière, la prévention, la santé publique, etc. Des sujets qui nécessitent clarté, engagement, et sincérité.

Ce que nous enseigne ce Meta Marketing Summit 2025, c’est que les leviers de la performance commerciale sont aussi, aujourd’hui, les leviers d’une communication citoyenne efficace :

  • Les outils du marketing digital ne sont pas incompatibles avec l’éthique d’un message citoyen. Ils sont indispensables pour qu’il existe.
  • L’émotion est une alliée. Elle ne manipule pas, elle relie.
  • Il faut oser les bons formats, les bons supports, les bonnes voix.
  • Tester, ajuster, recommencer, comme le souligne Fernando Serpone Bueno (Meta), car chaque échec est une leçon.

Une chose est sûre : la vidéo est plus qu’un format, c’est un levier d’engagement. Et chez Entre nous soit dit, nous sommes prêts à le mettre au service de toutes les causes qui comptent.

 

Communication citoyenne en 2025 : comprendre, écouter, agir

Jamais nous n’avons eu accès à autant d’informations. Et pourtant, jamais nous n’avons autant douté. En 2025, la défiance atteint un niveau inédit : un Français sur deux estime que son propre jugement est plus fiable que celui d’un expert scientifique.*

Une donnée qui pose une question essentielle pour nous, communicants citoyens : comment recréer de la confiance dans un monde où chacun façonne sa propre réalité ?

La surabondance d’informations, la multiplication des sources et l’effet des algorithmes renforcent les bulles de perception. Résultat : l’écart entre ce qui est et ce que l’on perçoit ne cesse de grandir. Dans ce contexte, notre rôle n’est plus simplement de diffuser un message, mais de retisser du lien et de l’engagement.

Des défis qui appellent une nouvelle approche

L’étude « Françaises, Français, etc. »* met en lumière des tendances clés :

  • Un écart grandissant entre le réel et le perçu, alimenté par les biais cognitifs et les réseaux sociaux.
  • Une information éclatée et contradictoire, où chaque individu devient son propre filtre.
  • Une méfiance accrue envers les institutions et les médias, accusés de ne pas être à l’écoute des citoyens.
  • Une subjectivité grandissante, où l’émotion l’emporte souvent sur les faits.

Dans ce paysage, la communication citoyenne ne peut plus se contenter d’être descendante. Il ne s’agit plus de convaincre à tout prix, mais de créer du dialogue. Moins de discours formatés, plus d’écoute active.

Réinventer la communication citoyenne : du message au lien

En tant qu’agence de communication citoyenne, nous avons une responsabilité : remettre l’humain au centre de nos stratégies. Cela passe par plusieurs leviers :

  • Échanger plutôt qu’imposer : les formats interactifs, les débats ouverts et la co-construction des messages redonnent du pouvoir aux citoyens.
  • Miser sur l’émotion et l’expérience vécue : les récits authentiques, les témoignages, les histoires du quotidien parlent plus que des chiffres.
  • S’appuyer sur des relais de confiance : influenceurs engagés, médias de proximité, experts accessibles… autant d’acteurs capables de porter des messages crédibles.
  • Adapter les formats aux usages d’aujourd’hui : réseaux sociaux, podcasts, newsletters interactives… les supports doivent être pensés en fonction des pratiques réelles des citoyens.

En 2025, la communication citoyenne ne se limite plus à informer. Elle écoute, accompagne et crée du lien. La défiance ne se combat pas à coups d’arguments, mais par une approche plus humaine, plus ancrée dans le quotidien.

Le défi est clair : retrouver du sens et de l’impact en adoptant une posture d’écoute et de dialogue. Parce que la communication citoyenne n’est pas qu’une question de message. C’est avant tout une question de relation.

* Source : 7e édition de l’étude sociologique « Françaises, Français, etc. » réalisée par la presse quotidienne régionale 366 avec la société d’études George.

L’opération « Tout est permis » double finaliste des Argus d’or

Cette campagne lancée par l’assureur MMA et Entre nous soit dit visait à sensibiliser les jeunes à l’importance de la connaissance et du respect du Code de la route.

L’opération « Tout est permis »

Cette campagne mise en place par MMA Assurances accompagnée par Entre nous soit dit, a été double finaliste lors de la 20e cérémonie des Argus d’Or. Alors que plus de 143 dossiers avait été déposés, elle est arrivée sur les podiums de la catégorie « Meilleure campagne de communication interne et/ou sociétale » et du prix du club HEC Alumni.

Lancée en décembre 2023, la campagne visait à sensibiliser les jeunes aux risques routiers et à l’importance de bien connaitre son Code de la route. Pour cela, une émission Twitch a été mise en place, dans une approche combinant divertissement et prévention. Portée par les créateurs de contenu sur internet, Doigby, Kaatsup, McFly et Carlito, Tout est permis s’articulait autour de quiz, d’anecdotes, mais surtout autour d’une immersion dans un scénario Fortnite personnalisé.

Ces deux places de finalistes aux Argus d’Or sont une belle reconnaissance de la qualité et de l’innovation de cette campagne de sensibilisation.

Retrouvez les autres finalistes des Argus d’Or.

Informer et communiquer : aujourd’hui, est-ce si différent ?

Opposées durant de nombreux siècles par leur définition et leurs objectifs, la communication et l’information ont pourtant toujours été liées. L’avènement du digital et la transformation des plateformes de marque rendent cette frontière encore plus floue. Explications.

La frontière classique entre information et communication

Informer et communiquer sont deux mots de la langue française souvent utilisés comme synonymes et pourtant, ils ont des qualifications bien distinctes.

En effet, selon le dictionnaire Larousse, informer, c’est “faire savoir quelque chose à quelqu’un, le porter à sa connaissance, le lui apprendre” ou “donner à quelqu’un des informations, des renseignements au sujet de quelque chose ; renseigner”.

Alors que communiquer, c’est “faire passer quelque chose, transmettre quelque chose” ; “transmettre à quelqu’un un savoir (…)” ; “faire passer à quelqu’un un sentiment, un état” ; “faire passer quelque chose à quelqu’un pour qu’il en prenne connaissance” ; “faire savoir quelque chose à quelqu’un, le lui révéler, en lui donner connaissance”.

On remarque dans la définition de ces deux mots des différences subtiles : informer consiste à donner des informations factuelles alors qu’à contrario, la communication peut se faire dans l’émotion ou dans le but précis de faire changer un point de vue.

Comment distinguer la communication et l’information ?

Informer : une transmission de faits

L’information est une transmission de données. Son objectif est de mettre à disposition des faits, auxquels on apporte des détails. Informer, c’est essentiellement de la DATA, des données qui sont mises à disposition pour être reçues.

Communiquer : un échange entre émetteur et récepteur

A contrario, dans la communication, il y a une notion d’échange entre individus, entre un émetteur et un récepteur. Et l’objectif est ici de changer le comportement ou le point de vue d’une personne.

Un paradoxe de différenciation face à la digitalisation

La digitalisation rend la différenciation complexe, puisque tous les acteurs de l’information sont amenés à communiquer, notamment sur les réseaux sociaux ou sur les sites d’information en ligne. Il y a donc, de prime abord, un acte d’information qui se transforme, in fine, en communication, avec un échange entre émetteur et lecteur.

Des outils de communication, de digitalisation et de consommation médiatique à l’origine d’une ambivalence

Sur le papier, la distinction entre communication et information semble simple. Néanmoins, elle se brouille aux vues de la réalité des outils utilisés, semant encore un doute sur sa réelle existence.

Les outils de communications ambivalents

Marques, institutions, associations et entreprises se basent depuis longtemps sur de l’information pour leur communication. C’est le cas, par exemple, pour les journaux internes des entreprises, qui ont pour objectif d’informer les salariés et collaborateurs de la vie de l’entreprise et des actions menées pour eux. C’est encore le cas des rapports d’activité et, depuis peu, des rapports RSE, qui ont un objectif d’information plus corporate sur la stabilité financière et les objectifs stratégiques de l’entreprise. Que dire de certains « consumers magazine », qui sont souvent très proches de certaines lignes éditoriales des magazines classiques.

À l’inverse, côté information, que penser de magazines faisant la promotion de marques ou d’entreprises suite à de l’achat publicitaire ? La presse peut-elle vraiment être factuelle et ne pas être désireuse de faire changer l’opinion quand certains acteurs sont détenus par de grandes entreprises qui ont un intérêt réel à contrôler l’information dans le but de maîtriser leur propre communication ?

La digitalisation de la consommation médiatique a renforcé l’ambivalence

L’avènement du digital et des réseaux sociaux est venu transformer le rapport à la consommation médiatique.

En effet, la transformation digitale a emmené les médias traditionnels, en perte de vitesse, à devoir se repositionner et ainsi, à devoir adapter leur offre aux supports numériques.

Ainsi, la presse écrite, la télévision, la radio ont dû se doter de plateformes web, où, sous chaque sujet, les internautes sont invités à commenter et à partager l’information sur leurs propres réseaux sociaux. Conscients de l’importance des mécaniques digitales, tous ces médias traditionnels ont investi naturellement le « social media », où, là aussi, les formats call-to-action et hashtags ont trouvé leur place afin d’augmenter les taux d’engagement et d’obtenir ainsi plus de visibilité.

Résultat : la frontière entre information et communication est devenue encore plus complexe. Ces mécaniques digitales, servant à la fois à informer en temps réel les abonnés, à communiquer sur une information mais aussi à faire du branding (c’est-à-dire à développer la notoriété d’une marque, le-dit média).

D’ailleurs, les réseaux sociaux ont fortement bouleversé la consommation médiatique, notamment en ce qui concerne la temporalité. L’information doit pouvoir être accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en temps réel. Elle se consomme rapidement, sur le pouce et fait réagir rapidement ses consommateurs, qui n’hésitent pas à dire haut et fort ce qu’ils pensent. L’information version web 2.0 n’est donc plus un simple transfert d’information. Elle incite à l’échange et au partage, et donc, à la communication.

La génération Y est d’ailleurs complètement étrangère aux médias traditionnels, pourtant reconnus par de nombreuses études comme plus fiables que les médias en ligne.

Des marques devenues média

Des marques devenues média par l’Inbound marketing

L’Inbound marketing est né des pratiques du digital. Il s’agit d’une stratégie valorisant la création de contenu. Ces contenus sont édités sur le site d’une marque puis diffusés sur les réseaux sociaux afin de générer des contacts (leads).

D’abord, la qualité de l’information et la qualité du choix des sujets traités sont fondamentales. Il s’agit, pour les marques de fidéliser une clientèle existante et de développer sa notoriété auprès de prospects. Une adéquation entre les sujets d’intérêts des cibles et les valeurs de la marque et de ses produits est indispensable. Les contenus doivent également être traités avec beaucoup de rigueur afin de répondre à des objectifs de référencement naturel. Plus un sujet utilisera des mots clés et sera vu, meilleur sera son référencement naturel.

Ainsi, certaines marques se sont mises à travers leur blog à développer beaucoup d’informations qualitatives à des fins de communication, au point que certaines sont même devenues des médias. C’est le cas de la marque Red Bull qui a développé beaucoup d’actualités sur le sport extrême.

La régénérescence des plateformes de marque a transformé leur rôle

Depuis quelques années, de nombreuses marques ont redéfini leur plateforme pour répondre aux nouveaux enjeux sociétaux et aux attentes des consommateurs en quête de sens. Ainsi, leurs piliers de marques, raison d’être et mission ont été redéfinis pour répondre à ces objectifs. Cela a eu une conséquence directe sur leur façon de communiquer. Les objectifs de communication d’une marque ne vont plus être ciblés sur des objectifs mercantiles, de vente de produits ou de contrats, mais sur ce que cette marque va pouvoir apporter de plus, sur ce qui la différencie des autres, sur le sens qu’elle apporte. Résultat : la communication va se retrouver axée sur le développement d’informations le plus souvent très qualitatives. Les marques s’engagent, agissent pour la société et les consommateurs et veulent le faire savoir au monde.

Une tendance qui s’est largement accentuée depuis la crise sanitaire, où toutes les statistiques sur la recherche de sens des consommateurs allaient dans le même sens et ont amené les marques à amorcer concrètement ce changement.

Les Cas d’OR récompensent le magazine digital « Le Fil AGIPI »

Les Cas d'Or récompensent AGIPI et Entre nous soit dit

L’association AGIPI, Entre nous soit dit et Sendethic remportent un prix aux Cas d’OR Banque et Assurance dans la catégorie « Transformation Digitale – Digitalisation des magazines clients » pour le Fil AGIPI.

L’association AGIPI, Entre nous soit dit et Sendethic remportent un prix aux Cas d’OR Banque et Assurance dans la catégorie « Transformation Digitale – Digitalisation des magazines clients » pour le Fil AGIPI.

Depuis 2021, AGIPI envoie à ses adhérents un magazine 100 % digital Le Fil AGIPI. Ce dernier a pris la relève des anciennes communications papier de l’association. Plus qu’une simple transposition de l’ancien magazine, le Fil AGIPI décrypte les grandes tendances économiques du moment dans des dossiers et vidéos approfondissant l’information et permet aux adhérents AGIPI de connaitre les dernières actualités de l’association.

Cette récompense confirme le bien-fondé du FIL qui a permis à l’association AGIPI de prendre un tournant digital majeur.

Découvrez le magazine ici